Kabila, la fin ?

Joseph Kabila paie la facture de son toupet à l’égard de la Communauté internationale. Pour cette dernière, ses trois principales gaffes sont d’avoir choisi la Chine, d’avoir revisité le Code minier pour donner plus d’avantage à son pays et enfin d’avoir redonné à la RD-Congo sa souveraineté électorale en finançant totalement le dernier processus électoral et en mettant à l’écart les observateurs internationaux. «Je crains pour la vie de ce jeune panafricaniste», confiait le togolais feu Edem Kodjo à propos de Kabila. Un exemple à décourager en Afrique !

Si la mort physique n’est pas d’actualité. Le plan de sa mort politique mise en place depuis des mois, s’exécute en ce moment, step by step. A l’ouvrage, l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique, Mike Hammer devenu quasiment à lui tout seul une institution RD-congolaise.
A côté, le Canada, la Suisse qui a abrité les accords de Genève (Lamuka), l’Angleterre,… et, the last but not the least, la Belgique.

Tous n’ont d’ailleurs pas tardé à exprimer leur soutien aux réformes annoncées par le Président Tshisekedi, juste au lendemain du coup de force qui a renversé le bureau de l’Assemblée Nationale au bout d’une bataille menée par le tonique Jean Marc Kabund, président a.i. de l’UDPS, parti présidentiel. Casses, bagarres à la machette, enlèvement du Secrétaires Général du parlement (selon sa propre famille sur Top Congo fm), autant de violations des lois et de la constitution cautionnées à l’interne et passées sous silence dans les médias internationaux où l’on préfère montrer la jubilation des combattants de l’UDPS présentés comme le peuple congolais.

Création d’un géant au pieds d’argile

Dans ce jeu, Tshisekedi entend se débarrasser d’un allié trop puissant et donc encombrant. Et ce, pour s’octroyer tout les pouvoirs.
Au vu de l’évolution des choses, si la Communauté internationale semble réussir son sale coup et que Tshisekedi, en contre partie, prend toutes manettes du pouvoir. La conséquence possible est qu’on risque d’avoir mis en place un nouveau régime politique assis, non sur le respect des lois et des institutions, mais sur la force telle que les faits nous le montrent aujourd’hui. Ainsi, sommes-nous entrain de faire un retour vers le présidentiel absolu !

Principale faiblesse de ce régime : cet amas de politicards en [mal] d’accès qui se composent en nouvelle majorité n’a en commun que le besoin affronté de dépouiller à leur tour les caisses de l’état. Ce qui présage un retour vers les enfers en RD-Congo pour la grande joie de ceux qui nous veulent toujours faibles.
A côté des occidentaux, il faut compter parmi ceux-là nos voisins comme l’Angola pour le pétrole de Muanda, le Rwanda, la Zambie,…

Kabila, l’incompris

Il faut reconnaître que si le plan de Felix Tshisekedi et ses parrains occidentaux passe assez facilement, c’est grâce à l’image que les kinois en particulier ont de Joseph Kabila.

D’un côté, il a toujours été présenté comme le diable par l’UDPS et les autres partis de l’opposition où la culture de l’insulte et de la déformation de la vérité se porte plutôt bien.
Malheureusement, le côté taciturne de Kabila n’arrange pas forcément son image. Il parait distant d’un peuple qu’il dirigeait. En plus, les caciques de sa famille politique dont la plus part étaient des jouisseurs, faisaient peser le poids de leur connexion à la mangeoire (Le Trésor public) sur pauvre peuple affamé.

A cela, il faut ajouter que Joseph Kabila et sa famille politique n’ont presque jamais réussi à embarquer le peuple dans sa vision. Or, on sait, tout projet communautaire nécessite en amont l’adhésion et la participation des bénéficiaires en vue de son appropriation par tous. Voilà qui fait que même le Code minier qui est un coup de maître de Kabila semble ne rien représenter pour les Congolais qui en sont pourtant bénéficiaires.

Ne va-t-il pas broncher ?

Dès la signature de l’alliance avec Tshisekedi en 2019, le taiseux Joseph Kabila s’attendait à une possible trahison. Lors d’une réunion le 29 octobre 2020, avec le FCC à sa ferme de Kingakati, Kabila à souligné ceci : «Je ne suis pas prophète. Mais si, je ne sais par qu’elle magie, une nouvelle majorité nait des cendres du FCC, un ou deux mois après, l’opinion dira que ces députés coûtent trop cher à la République et qu’ils doivent repartir d’où ils sont venus».

On peut donc déduire qu’il a étudié différents scénarii et qu’il n’ignorait pas la vénalité des députés RD-congolais. Et comme dans son habitude, ce militaire qui maîtrise la stratégie, prend son temps pour agir ou réagir.

Tout peut se jouer dans le grand Katanga !

Attendu à Lunumbashi, le samedi 5 décembre 2020, le vol de Joseph Kabila avait été annulé. Plusieurs raisons seront évoquées mais Kabila rentrera chez lui sans dire mot. Se serait-il résigné à se laisser humilier par les services? Est-il déjà entrain d’avancer les pions dans ce jeu qu’il connaît si bien? Difficile à dire.

Seulement, le Grand Katanga étant son fief, les analystes s’accordent que c’est là que Kabila jouera sa plus importante carte. Sur les réseaux sociaux, des images des la JPPRD habillé en noir, marchant sur les rues de L’shi ont fait le tour. Des messages de la jeunesse katangaise qui avertissent les autorités de l’UDPS font également le tour de la toile. Les signaux sont donc là. Mais seul l’avenir nous en dira plus.

Matshi Darnell

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