L’ancien chef de guerre congolais Roger Lumbala arrêté à Paris

Vice-president of the delegation of M23 rebels, Roger Lumbala attends a press briefing in Uganda?s capital Kampala on January 8, 2013. A delegation of rebels was in Kampala for talks with the Congolese government aimed at ending a crisis that has led to widespread rights abuses and displacement and sparked fears of an all-out regional conflict. The M23, former rebels who were integrated into the Democratic Republic of Congo's regular forces in 2009 and mutinied again this year, pulled out of the main eastern city of Goma last week when the government agreed to discuss some of their demands. AFP PHOTO/ PETER BUSOMOKE (Photo by PETER BUSOMOKE / AFP)

Traqué depuis plusieurs années par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, l’ancien chef d’un mouvement rebelle congolais a été incarcéré à la prison de la Santé.

Roger Lumbala a passé le Nouvel An dans une prison française. A 62 ans, cet ancien seigneur de guerre congolais soupçonné par les Nations unies de massacres de civils – mais aussi de viols, de torture, de cannibalisme et de pillages –, a été arrêté en pleine rue à Paris le 29 décembre par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH).

A l’issue d’une garde à vue de 96 heures, en partie passée dans une chambre sécurisée de l’Hôtel-Dieu en raison d’un état de santé précaire,M. Lumbala a été mis en examen samedi 2 janvier pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de crimes de guerre » et « complicité de crimes de guerre ».Lire aussi RDC : Félix Tshisekedi précipite sa rupture avec Joseph Kabila

Les faits reprochés à l’ancien chef de guerre se sont déroulés entre 2000 et 2003 dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). A l’époque, Roger Lumbala est à la tête du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N), un mouvement rebelle soutenu par l’Ouganda voisin.

La deuxième guerre du Congo (1998-2003), un conflit régional meurtrier, fait rage. Le rebelle, qui règne par la terreur sur une région reculée et difficile d’accès, profite du conflit pour orchestrer l’exploitation des minerais (or et diamants notamment) et les tueries de civils, le braconnage d’éléphants, selon plusieurs témoins congolais et étrangers.

Pillages, viols, meurtres

« Il était général, avait les armes, l’argent et administrait sa zone avec une sorte de gouvernement et une armée brutale capable de tuer sans raison », se souvient un activiste du Haut-Uélé. D’après un humanitaire occidental, Roger Lumbala s’était montré particulièrement menaçant envers une ONG suisse qui tenait la seule pharmacie opérationnelle de la région. Un établissement qui fut pillé et saccagé par des combattants sous ses ordres, privant ainsi la population de soins. Or, une grande partie des millions de victimes du conflit sont mortes de maladies et de faim.

Les hommes du RCD-N ont également été impliqués dans l’opération Effacer le tableau lancée en octobre 2002 avec des éléments du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba pour conquérir un territoire contrôlé par un groupe ennemi. Les équipes onusiennes évoquent, dans un rapport de février 2003, « un schéma de pillage, de meurtre et de viol comme tactique de guerre ».

Lire l’article complet sur https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/04/l-ancien-chef-de-guerre-congolais-roger-lumbala-arrete-a-paris_6065177_3212.html

Laisser un commentaire