CELEBRATION DES 70 ANS DES CASQUES BLEUS : La MONUSCO entend faire ses valises, mais…

Le monde entier a célébré le 29 mai dernier la Journée internationale des Casques bleus des Nations-Unies. En République Démocratique du Congo, la journée a été commémorée à plusieurs endroits et sous la houlette de Martin Kobler, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU. Occasion pour ce diplomate de rappeler l’importance de la cérémonie qui consiste d’abord à saluer la mémoire des Casques bleus tombés dans l’exercice de leur mission, ensuite de rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont servi et qui servent dans les opérations de maintien de la paix à travers le monde.

En RDC aussi des soldats de l’organisation mondiale ont payé de leur vie la quête de la paix pour laquelle ils étaient engagés. Aussi le représentant spécial de Ban ki Moon a-t-l sollicité une minute de silence en mémoire de ces soldats de la paix fauchés sur le sol congolais par des forces négatives. Sans oublier que cet anniversaire coïncide de peu avec un autre : les Casques bleus de la Monusco sont en RDC depuis près de 16 ans déjà. Martin Kobler devait donc capitaliser cette opportunité pour fixer les esprits sur l’avenir de la Mission onusienne en terres congolaises où elle est présente depuis le 30 novembre 1999.

Sur ce chapitre il a réitéré la volonté de son institution à s’engager dans un processus de retrait progressif, dont le premier acte est le départ d’un contingent de 2000 hommes. Toutefois, a souligné le fonctionnaire onusien à l’intention du gouvernement et du peuple congolais, la Monusco n’entend pas se retirer sans s’assurer du rétablissement hermétique de la paix dans ce pays. « Mais nous ne voulons pas quitter le pays en laissant derrière nous des situations non stabilisées. Nous voulons partir avec le sentiment d’un travail bien accompli. Le retrait de la Monusco va s’opérer par étapes et de manière progressive, au fur et à mesure que seront atteints les objectifs spécifiques basés sur une évaluation conjointe entre le Gouvernement et la Monusco,»a-t-il précisé.

Une sorte d’anticipation pour apaiser le Gouvernement congolais lassé d’une présence qui, par moment, laisse tomber les masques pour se révéler hostile aux intérêts de la République. Même la population congolaise dresse un bilan pas assez reluisant des Casques bleus, en ce qu’ils n’ont pas convaincu sur leurs capacités réelles à venir à bout des aventuriers à main armée qui distribuent la mort sous la barbe des soldats onusiens. Là se sont ressourcés plusieurs soulèvements citoyens contre les installations de la MONUSCO, accusée de passivité et surtout avec l’ennemi, dont le CNDP de Nkundabatware, mué plus tard en M23.

Sans mettre en sourdine les réalisations de la Mission onusienne – la réunification du pays, le recul de la violence aveugle, l’organisation de deux sessions d’élections… – la population congolaise est sidérée de voir près de 19.000 hommes équipés d’armes trébucher plus d’une décennie devant de miliciens et bandits armés sans formation conséquente. Les responsables de la Monusco ont beau opposé le contenu de leur mission, il n’en demeure pas moins que les populations civiles ne verraient nullement d’un bon œil des protecteurs qui se limiteraient à placer dans le même panier Gouvernement et milice ou rébellion de récente création, à l’instar du M23.

En tout état de cause, la passivité de la Monusco est reconnue à travers la planète, telle la diatribe du président ougandais Yoweri Museveni qui l’a qualifiée d’une « grande honte qui se livre à une sorte de tourisme militaire ». Comme les Congolais, et certainement d’autres peuples à travers le monde, le Président ougandais n’arrive pas à comprendre qu’ « autant d’hommes en uniforme ne font que s’asseoir sur les problèmes ! C’est là l’intérêt du dialogue stratégique qui s’effectue chaque mercredi autour du Ministre des Affaires étrangères et regroupant les ministères de l’Intérieur, Défense, Justice et Médias, avec la participation des experts de la Monusco.

Par/Jacques Angenyi

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