CONSENSUS ISSU DES CONSULTATIONS : Vers un dialogue respectueux des Institutions

Principales confessions religieuses chrétiennes, les Catholiques et les Protestations – dont les délégations aux consultations initiées par le Président Joseph Kabila ont été conduites le 1er juin 2015 au Palais de la Nation respectivement par Mgrs Nicolas Djomo et Pierre Marini Bodho – se sont ouvertement prononcées pour un dialogue qui se tienne dans le cadre de l’ordre institutionnel en place. « Les évêques ont rappelé que tout dialogue doit se faire dans le respect absolu des règles constitutionnelles et des institutions en place de la République», a déclaré à la presse l’abbé Léonard Santedi, porte-parole de la délégation de la Cenco. Le dialogue, selon le président de l’Eglise du Christ au Congo, Ecc, doit se tenir dans «les structures fixées par la Constitution». Son Eminence Simon Kimbangu Kiangani a cité parmi l’un des principes régulateurs des Kimbanguistes le respect de l’Autorité de l’Etat, donc des Institutions. Les Musulmans, les Salutistes, les Orthodoxes, les Eglises du Réveil, les Eglises Indépendantes et les Chefs coutumiers se sont prononcées favorablement pour le dialogue en appuyant le Chef de l’Etat dans sa démarche. Même le Cardinal Laurent Monsengwo a estimé qu’»Il appartient au Chef de l’Etat de rassembler tout ce monde au terme des consultations». On peut déduire de ces prises de position l’appropriation du dialogue par les Congolais…

Reste, bien entendu, à savoir si l’un des deux protagonistes importants de la gouvernance institutionnelle, en l’occurrence la frange de l’Opposition politique encore  boudeuse des consultations en cours, sera du même avis, la Majorité dans son ensemble l’étant déjà.

On sait, par exemple, que l’Udps – même si elle est acquise à la thèse du dialogue – n’entend prendre part qu’à celui dont la médiation doit être assurée par le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu et chef de la Monusco, Martin Koblër. 

Le 29 mai 2015, ce dernier s’est réjoui de l’initiative du Président de la République non sans ajouter : « On ne peut pas imposer les bons offices. Je suis très heureux qu’on ait un dialogue politique maintenant. C’est une vraie chose ! Et on va attendre. Nous sommes ici pour assister, si les partis au dialogue le désirent».

Le même jour, Félix-Antoine Tshisekedi, dans une déclaration à Rfi, a considéré que «Le dialogue, tel que nous l’entendons à UDPS, c’est une initiative dès le départ de la communauté internationale. C’est dans ce cadre-là que nous nous sommes inscrits pour participer et non pas un dialogue initié par Joseph Kabila qui lui-même fait partie du problème. Parce qu’il ne faut pas oublier que, selon la feuille de route que nous proposons, il y a le problème du contentieux électoral de 2011 dont il faut discuter….». 

Au Mlc, à l’Unc, au Cdr et aux Fac, c’est l’intransigeance tous azimuts. «Nous considérons qu’il y a inopportunité de pouvoir tenir un dialogue. Donc, nous ne participerons pas aux pourparlers engagés entre la classe politique et les forces politiques et sociales», a déclaré Delly Sessanga. L’Un, avec Clément Kanku, félicite certes le Chef de l’Etat des consultations amorcées mais doute par contre de leur finalité. Il pense même que c’est trop tard.  Quant à l’Opposition républicaine, elle rejette toute idée du dialogue et ramène le débat aux recommandations des Concertations nationales.

Bien entendu, la voix la plus attendue des Consultations est, jusque-là, celle du cardinal Laurent Monsengwo, reçu seul par le Président de la République le mardi 2 juin 2015. Au terme de l’audience, il a déclaré : «…on a encore le temps. D’ici à vendredi, on saura exactement ce que l’on veut «, avant de révéler que «… le Chef de l’Etat est en train d’examiner ce qu’on lui dit».

Sauf imprévu, la journée du mercredi 3 juin 2015 devrait commencer par la Céni avec la délégation de la Commission d’intégrité et de médiation électorale (Cime) conduite par M. Delphin Elebe et celle du Bureau de la Céni par M. André Mpungwe, avant les partis politiques, dont Congo Pax avec à sa tête l’honorable Ne Mwanda Nsemi, le groupe parlementaire Ldc  avec l’honorable José Makila et le Rcd Me Azarias Ruberwa.

La Constitution est claire

Que va-t-il alors se passer après les rencontres du Palais de la Nation ? Vraisemblablement, les confessions religieuses ont balisé la voie en prônant un dialogue respectueux à la fois de la Constitution et des Institutions. Dans cette logique, le Président de la République est appelé à jouer un rôle de premier plan en se fondant, on s’en doute, sur l’article 69 de la Constitution ainsi libellé : «Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il représente la nation et il est le symbole de l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux».

Pour autant que l’Accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013 – dont il est le signataire pour le compte de la RDC – soit considéré comme un accord international, il lui revient tout naturellement d’en être le garant côté Congo. C’est assurément en fonction de cet entendement que la communauté internationale – qui reconnaît l’ordre institutionnel issu des élections du 28 novembre 2011 – ne se permet pas de se substituer au Chef de l’Etat pour convoquer le dialogue. 

C’est dans ce contexte, du reste, qu’en tournée dans la région des Grands Lacs, la délégation du Conseil de sécurité avait rehaussé de sa présence la clôture des Concertations nationales dont l’ordonnance créant et organisant ce forum se réfère à l’Accord-cadre d’Addis Abeba et à la Résolution 2098. Ceci de un.

De deux, toutes les forces vives de la Nation – Udps comprise – reconnaissent directement ou indirectement l’Autorité de l’Etat incarnée par les institutions de la République en place. On ne peut – juste un exemple – contester l’autorité du Chef de l’Etat (au motif d’être illégitime et illégal) et en même temps se soumettre à l’autorité du Gouverneur de province pour organiser une marche ou un meeting alors que la Constitution, à laquelle ce parti se réfère pour les article 27 et 28 en plus du fameux article 64, dispose de deux autres articles qui font dépendre du Président de la République le fonctionnement de l’Exécutif provincial. Le 198 dans son alinéa 2 selon lequel le Gouverneur et le Vice-gouverneur «sont investis par ordonnance du Président de la République» et le  200 dans son alinéa 4 selon lequel la Conférence des Gouverneurs de province « est présidée par le Président de la République».

La Constitution est claire.

Sauver le dialogue républicain

La question que l’on devrait alors se poser aujourd’hui est de savoir ce qu’il adviendrait de la suite des consultations si le dialogue républicain, censé découler des consultations actuelles, ne se tenait pas. Exactement comme l’a suggestionné un tabloïd kamerhiste !

A dire vrai, le problème – contrairement à ce que l’on croit – n’est pas le Président Joseph Kabila. Le problème, c’est l’Udps avec sa feuille de route qui exclut du dialogue toutes les autres forces de l’Opposition.

Au point A relatif à la configuration politique, ce parti soutient que les élections du 28 novembre 2011 ont établi au pays deux camps politiques devant se mettre autour d’une table, sous la modération du chef de la Monusco :  «Monsieur Etienne Tshisekedi et ses alliés pour le camp du changement» (sic), d’un côté, et de l’autre «Monsieur Kabila et les siens pour le camp du statut quo» (resic).

Le point B fixe le lieu du dialogue à Kinshasa, tandis que le pont C la taille et la composition à 40 participants dont 20 par délégation. 

Bien entendu, étant de l’Opposition institutionnelle, les forces politiques comme le Mlc, l’Unc, l’Ecidé, l’Envol, le Mpcr, le Cdr etc. devront, dans la logique de l’Udps, se retrouver dans le camp du Président Kabila. Pour être précis, sont exclues du forum. 

La Monusco serait-elle prête à assumer les conséquences de cet état des choses ? Le point D est relatif à l’ordre du jour avec pour premier volet «Règlement du contentieux électoral de novembre 2011 et son corollaire qui est la crise de légitimité». Les effets prévus sont l’identification des « responsables de la fraude électorale des élections organisées en 2011» et leur mise à l’écart «de la gestion du pays à tous les niveaux et du déroulement du processus électoral en cours».

Les autres volets sont la définition d’un processus électoral consensuel, la restructuration de la Céni, le contentieux électoral, le fichier électoral et la traçabilité des résultats. 

Déjà, s’agissant du contentieux électoral, Etienne Tshisekedi a à lui seul 7 scores différents dont deux non chiffrés et cinq chiffrés : 75 %, 54 %, 56,2 %, de 58 à 58 % et 32,33 %. Les détails sont dans l’article  « Vous avez dit ‘crise de légitimité’ !» (p 16).

La Monusco serait-elle prête à assumer les conséquences du débat sur le contentieux électoral alors qu’elle reconnaît – par l’Onu interposée – l’existence de l’ordre institutionnel issu des élections du 28 novembre 2011 ? 

Avec son modus operandi connu des initiés – autant que Martin Kobler le sache par avance – l’Udps claquera la porte du dialogue si ce point n’est pas abordé, et encore à son avantage.

Rien qu’avec son plan plutôt d’accentuation et non de sortie de crise, ce parti  donnera au Président de la République l’occasion d’exercer ses prérogatives définies à l’article 69 de la Constitution.

En définitive, c’est vers le Chef de l’Etat Joseph Kabila que toutes les forces politiques, sociales et diplomatiques se tourneront pour sauver le dialogue républicain.

Il n’y a pas d’autre alternative démocratique…                               

Le Congo d’abord

Le Président de la République consulte, depuis plus de dix jours, les forces vives de la Nation. Des chefs politiques aux chefs d’église en passant par les activistes de la société civile, l’avenir du pays face aux enjeux électoraux constitue l’objet de ces échanges. Et, les grandes décisions constituant la synthèse des avis des uns et des autres seront sûrement annoncées par le Président de la République, à l’occasion de l’an 55 de l’indépendance de notre pays, le 30 juin 2015.

Cette démarche souveraine du peuple congolais répond aux idéaux défendus par les pères de l’indépendance qui ont lutté pour que les décisions sur la marche du pays ne se décident plus à Washington, ni à Bruxelles, ni à Paris, ni à Londres, encore moins à Beijing ou à New Delhi ou encore à Pretoria, mais bel et bien à Kinshasa, donc au pays par des Congolais.

Ceux des politiciens et activistes de la société civile de la République Démocratique du Congo qui n’ont pas encore intériorisé les notions d’indépendance et de souveraineté de notre pays, ne se gênent pas, 55 ans après l’indépendance, d’aller chercher les décisions concernant notre pays en dehors du pays. ‘’Tel ambassadeur a dit, tel envoyé spécial a déclaré, tel étranger doit présider les négociations intercongolaises’’, constituent le guide de leur démarche politique. Ils préfèrent aller répondre à l’appel d’un étranger qu’à celui d’un compatriote.

Et ils sont ces personnes qui alimentent de jour en jour le monitoring des officines étrangères contre leur propre pays. Et ce sont eux qui donnent de la voix aux étrangers qui se permettent de donner des ‘’injonctions’’ à un Etat souverain. Ce sont eux qui montent des tissus de mensonges, de fausses déclarations attribuées à de faux citoyens, de faux morts attribuées à nos services de maintien de l’ordre et de sécurité, qu’ils fournissent, comme de la marchandise, aux Ong et presse internationales. Ce sont eux qui vendent l’image hideuse du pays à l’étranger. Avec pour objectif : arrêter toute initiative locale de démocratie et de reconstruction.

Pourtant ces politiciens des ambassades ne représentent pas le peuple au nom de qui ils complotent contre le pays. Dans le Congo profond, eux et leurs partis politiques ou Ong ne sont pas connus. C’est pour cette raison qu’ils ne veulent pas entendre parler des élections à la base. Les élections provinciales, urbaines, municipales et locales constituent une menace pour leur légitimité autoproclamée.

En ce moment où le Chef de l’Etat consulte les forces vives de la Nation et pour honorer les vaillants pères de l’indépendance, tout Congolais épris de paix et responsable doit privilégier le Congo. Le Congo d’abord.

Par Tshibambe Lubowa

Laisser un commentaire